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Notre semaine sarde - 11 mai

Mamoiada : le musée des masques méditérranéens, la cave Mamoiada : le musée des masques méditérranéens, la cave
Mamoiada : le musée des masques méditérranéens, la cave Mamoiada : le musée des masques méditérranéens, la cave
Mamoiada : le musée des masques méditérranéens, la cave Mamoiada : le musée des masques méditérranéens, la cave Mamoiada : le musée des masques méditérranéens, la cave

Mamoiada : le musée des masques méditérranéens, la cave

A 8 heures et demie, nous prenons place dans le car pour notre quatrième excursion dont l’intitulé est : "Sardaigne authentique" et nous partons à la découverte de la Barbagià. Notre guide est Gabriela, elle est jeune, charmante, elle rit beaucoup et elle me fait penser à une petite souris car elle parsème son discours de "et pouis" ; mais j’ai  parfois de drôles d’idées !

 

La Barbagia est une région centrale et montagneuse de la Sardaigne. Son nom est un dérivé du mot latin Barbaria  En effet, ses habitants se sont régulièrement opposés aux envahisseurs et ils ont souvent fait montre d'une grande capacité de résistance ; leur insoumission aux Romains leur a valu d’être qualifiés de "barbares" par ces derniers.

 

La Barbagia se situe entre les provinces de Nuoro et d’ Ogliastra.  C’est un territoire sauvage dont les habitants vivent en accord avec des us et coutumes qui font la part belle à la nature. Et Gabriela d’évoquer le carnaval de Mamoiada, qui sera notre première étape, et où défilent conjointement les "Mamuthones" et les "Issohadores".

 

Les premiers sont vêtus de noir et de peaux de bêtes, Sur le visage ils portent un masque en bois sombre, de poirier le plus souvent,  et sur le dos des sonnailles dont le poids dépasse  les trente kilogrammes !  Ils sont liés au culte du "bouc émissaire", que l’on tuait pour racheter les péchés des habitants du village.

 

Les seconds, arborent , au contraire, des couleurs éclatantes, des masques clairs et sont armés de lassos en jonc pour attraper les jeunes filles. Ils se rattachent au culte de Déméter et symbolisent le renouveau.

 

Une seule femme les accompagne, on l’appelle "La Filonzana" ; elle est armée de ciseaux et, à l’instar des Parques romaines, elle tient le destin des hommes entre ses mains et tisse en continu. Elle ressemble à une sorcière avec son masque horrible et l’énorme bosse de son dos ; les gens ont peur d’elle car elle peut, à ce que l'on dit,  oter la vie à qui lui déplait !

 

Au musée des masques méditerranéens, nous retrouvons ces personnages et bien d’autres, tels que les "Merdules" et les "Boes" d’Ottana, un village voisin de Mamoiada. Cette culture du carnaval perdure dans tous les pays méditerranéens et l’on peut voir des masques d’ Espagne, de Grèce, de Croatie, de Bulgarie, de Slovénie. Je vous fais grâce de leurs noms !

 

Nous reprenons le car pour nous rendre dans une cave,  la "Cantina Gianpietro Puggioni" où nous dégustons un excellent "cannonau". Le "cannonau" est un vin rouge qui titre 14,5 degrés, il a un bon bouquet et sent la griotte

 

les "murales d'Orgosolo"
les "murales d'Orgosolo"
les "murales d'Orgosolo"
les "murales d'Orgosolo"
les "murales d'Orgosolo"
les "murales d'Orgosolo"
les "murales d'Orgosolo"
les "murales d'Orgosolo"
les "murales d'Orgosolo"

les "murales d'Orgosolo"

Notre seconde étape est Orgosolo, célèbre pour ses "murales". On en compte environ cent cinquante car la plupart des maisons sont habillées de fresques. La première sur laquelle nous nous arrêtons traite de l’évangélisation et elle dit à peu près ça :

"Quand ils sont arrivés, la bible à la main, nous avions les terres ; quand ils sont repartis, nous avions la bible dans la main et eux avaient les terres !" 

 

Gabriela nous explique que la première "murale" d’Orgosolo fut réalisée en 1969 par le collectif anarchique nommé Dioniso. Quelques années plus tard un enseignant de Sienne et les élèves du collège ont en réalisé d’autres …

 

Les "murales", précise-t-elle,  sont réalisées après accord des propriétaires de la maison et elles doivent impérativement être en relation avec un sujet important de nature historique ou social mais ne sont pas obligatoirement rédigées en italien.  Effectivement, au cours de la balade, nous en verrons quelques-unes en français et en anglais !

 

Les thèmes sont très divers : une grève, le refus de voir s’installer une base américaine, Garibaldi,   la lutte des paysans contre l’expropriation de leurs terres par l’Etat, le Larzac, les tours jumelles ...

 

Après cette balade dite de découverte, un temps libre nous est octroyé pour prendre des photos et acheter des cartes postales et autres souvenirs. On l’abrège un peu car la pluie a fait son apparition et c’est à marche forcée qu’on rejoint le car.

l'agriturismo
l'agriturismo
l'agriturismo
l'agriturismo
l'agriturismo

l'agriturismo

 

 

 

Celui-ci nous dépose bientôt dans un "agriturismo",  sorte de ferme-auberge, où l’on nous sert, sur des planches, un repas traditionnel : charcuterie et fromage pour commencer, puis cochon de lait  accompagné de pommes de terre cuites au four ;  on termine par une glace et l’espresso de rigueur et comme il y des spécialités à vendre on achète un saucisson !

 

 

la tombe des géants
la tombe des géants
la tombe des géants
la tombe des géants

la tombe des géants

Notre prochaine, et dernière étape, est le site archéologique de Coddu Vecchiu prés d’Arzachena et sa "tombe dei Giganti" ; les tombes des géants, apprenons-nous, sont des des monuments mégalithiques qu’on ne peut voir qu’en Sardaigne et qui datent de la civilisation nuragique.

 

La Sardaigne, dont l’histoire est très ancienne,  fut le berceau d'une civilisation unique puisqu’on ne lui connaît aucun équivalent dans le monde. De cette civilisation, dite "Nuragique", restent plus de 1.000 Domus de Janas (maison des fées) remontant aux premiers temps de l'âge de pierre,  quelques 7.000 nuraghi (tours rondes en forme de cône tronqué) des restes humains datant de 3500 à 2800 avant Jésus Christ et les fameuses tombes de géants destinées aux sépultures collectives et au culte du dieu Taureau et de la déesse mère.

 

On en sait très peu sur cette civilisation qui ne possédait pas l’écriture, on ignore par exemple la fonction exacte des nuraghi, dont en sait pourtant qu’ils étaient au cœur de la vie des villages. Tour de contrôle, de défense, temple ?, le mystère reste entier …

 

Le monument qui s’offre maintenant à notre vue est composé d'un long couloir, et c’est précisément la longueur de ce couloir qui est à l’origine de cette théorie des géants. Ce couloir c’est la morgue, où l’on plaçait les morts,  il se termine par une abside,  il est recouvert de dalles de pierre posées à l'horizontale. Sur la façade, située au centre, il y a une grande dalle de pierre posée, elle,  verticalement et finement sculptée. On peut y voir une petite ouverture. ..

Puis, c’est le retour à l’hôtel où nous nous préparons pour la "soirée du Berger"

Notre semaine sarde - 11 maiNotre semaine sarde - 11 mai
Notre semaine sarde - 11 mai
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Nous retrouvons avec bonheur le Laguna, sa salle superbe et ses tables habillées, cette fois,  de blanc.

 

Au menu :

  • Charcuteries de la Barbagià, croûton à la mousse ricotta parfumée aux agrumes, vol au vent à la crème de champignons, aubergines au thym sur pain carasau  (ce pain est une spécialité sarde que j’adore)
  • Fregola sarda du berger (je ne connaissais pas ces pâtes grillées au four et au bon goût de noix), macaroni à la Nuorese, ravioli au fromage avec tomates cerises et basilic
  • Gigot d’agneau aux herbes et sauce au vin, paupiettes de brebis dorées et pommes de terre à la cendre
  • Crudités et salade
  • Parfait de nougat sauce citron et miel.

 

Tout est délicieux et nous l’accompagnons d’un excellent Cannonau.

Cette fois, c’est un groupe folklorique qui anime le repas et il y a nettement moins d’ambiance que lors de la soirée du pêcheur. Aussi, nous ne nous attardons pas plus que de raison d’autant que le lendemain nous attend notre dernière excursion !

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